DORA impose-t-il explicitement la cryptographie post-quantique ?
Pas nommément. DORA exige un cadre de gestion du risque TIC couvrant les menaces émergentes, une politique de chiffrement documentée et des mesures à l'état de l'art. La transition post-quantique étant publiquement identifiée comme une menace émergente par les autorités et par l'ANSSI, un auditeur peut légitimement vous demander votre feuille de route. L'absence de réponse ne constitue pas une sanction automatique, mais une faiblesse documentée dans votre dossier.
Combien coûte une mise en conformité DORA sur le volet cryptographique ?
Un audit d'écart avec inventaire cryptographique démarre autour de 11 000 € HT. Une migration complète pour une fintech en production se situe généralement entre 40 000 € et 90 000 € HT, selon le nombre d'API, de partenaires bancaires à coordonner et d'environnements à couvrir. Les entités désignées significatives, soumises aux tests de pénétration réglementaires, dépassent ce budget.
La migration ajoute-t-elle de la latence à mes transactions ?
Les algorithmes post-quantiques manipulent des clés plus volumineuses, ce qui alourdit légèrement la poignée de main initiale. L'impact sur une transaction complète reste généralement marginal, mais nous ne le supposons jamais : l'étape pilote mesure la latence réelle, la taille des échanges et le taux d'échec sur votre infrastructure, avant tout déploiement à l'échelle. Aucun passage en production sans chiffres validés contre vos engagements de service.
Mes banques partenaires ne sont pas migrées, est-ce bloquant ?
Non, c'est précisément l'objet du mode hybride : l'algorithme classique et l'algorithme post-quantique coexistent sur le même canal. Un partenaire non migré continue de négocier en classique sans rien changer chez lui, tandis que vos échanges avec les partenaires migrés bénéficient de la protection renforcée. La transition se fait sans coordination bloquante.
Pourquoi commencer par les données KYC ?
Parce que ce sont celles dont la durée de conservation légale dépasse le plus largement l'horizon de la rupture cryptographique. Un dossier KYC conservé cinq ans après la fin de la relation client reste sensible bien au-delà de 2035. Ce sont donc les données les plus exposées au risque de moisson anticipée, et celles pour lesquelles migrer plus tard n'aura servi à rien.
Quels algorithmes déployez-vous ?
Les standards normalisés par le NIST : ML-KEM (FIPS 203) pour l'encapsulation de clés, ML-DSA (FIPS 204) et SLH-DSA (FIPS 205) pour les signatures. Nous les déployons en mode hybride, conformément aux recommandations de l'ANSSI, qui préconise de conserver un algorithme classique en parallèle pendant la phase de transition. Le détail technique est expliqué sur notre page consacrée à la cryptographie quantique et post-quantique.
Faut-il une liaison QKD pour une fintech ?
Presque jamais. La distribution quantique de clés exige du matériel dédié et de la fibre, pour une portée limitée à des liaisons point à point. Elle se justifie sur des liens inter-datacenters d'établissements de grande taille, pas sur l'infrastructure d'une fintech. La cryptographie post-quantique logicielle apporte la protection nécessaire à un coût sans commune mesure.
Que se passe-t-il si nous subissons un incident pendant la migration ?
Chaque vague de déploiement dispose d'un mécanisme de repli immédiat, testé avant activation. Par ailleurs, la formule Fintech Quantum Safe inclut un plan de réponse à incident aligné sur les délais de notification DORA, avec la chaîne de décision et les modèles de rapport initial, intermédiaire et final déjà rédigés.
Intervenez-vous auprès de nos prestataires ?
Oui, et DORA l'impose indirectement : le pilier consacré au risque tiers vous rend responsable de votre chaîne d'approvisionnement TIC. Nous constituons votre registre des prestataires, évaluons leur posture cryptographique et vous fournissons les clauses contractuelles à intégrer. Un hébergeur ou un PSP utilisant des algorithmes dépréciés devient votre non-conformité.
Comment démarrer ?
Par un audit DORA avec inventaire cryptographique, sur trois à cinq semaines. Vous obtenez la cartographie de vos usages, votre marge réelle par catégorie de donnée, le rapport d'écart sur les cinq piliers et un plan d'action chiffré. Aucun engagement sur la suite : le dossier reste exploitable même si vous confiez les travaux à une autre équipe.