Comment savoir si nous avons déjà été victimes d'espionnage industriel ?
Sans journalisation des accès et des exports, vous ne pouvez pas le savoir — et c'est précisément le problème. Une copie de fichiers ne laisse aucune trace technique par défaut. L'audit initial reconstitue ce qui est reconstituable à partir des journaux existants, mais son objet principal est de mettre en place la traçabilité qui rendra les fuites futures détectables et prouvables.
Le secret des affaires nous protège-t-il automatiquement ?
Non, et c'est le point le plus mal connu. Pour invoquer le secret des affaires, vous devez démontrer trois choses : que l'information n'est pas généralement connue, qu'elle tire sa valeur commerciale de son secret, et que vous avez pris des mesures de protection raisonnables. C'est cette troisième condition qui fait échouer les actions : un procédé accessible à toute l'entreprise sur un partage réseau sera difficile à présenter comme protégé.
Quel actif faut-il protéger en priorité ?
Les inventions non encore déposées. C'est le seul cas où la perte est irréversible : une divulgation avant dépôt détruit la nouveauté, donc la brevetabilité, définitivement et sans recours. Un brevet déjà déposé bénéficie d'une protection juridique ; un procédé gardé secret peut au moins faire l'objet d'une action. Un dossier de brevet en préparation, lui, ne se rattrape pas.
Combien coûte la protection de la propriété intellectuelle ?
Un audit avec inventaire des actifs immatériels et cartographie des accès démarre autour de 8 500 € HT. Une mise en place complète — chiffrement des référentiels, habilitations par projet, traçabilité des exports, échanges post-quantiques — se situe généralement entre 30 000 € et 70 000 € HT. Les projets incluant la segmentation d'un parc d'automatismes relèvent d'un budget distinct, à partir de 85 000 € HT.
Allez-vous perturber notre production ?
Non, c'est une contrainte structurante de notre méthode. L'inventaire du parc industriel est passif : nous n'effectuons aucun scan intrusif susceptible de perturber un automate. Les interventions sur le réseau industriel sont découpées en opérations courtes et réversibles, planifiées sur vos fenêtres d'arrêt programmé.
Faut-il remplacer nos automates anciens ?
Presque jamais. Un automate de 2010 reste fonctionnel, même si son firmware n'est plus corrigé et ses protocoles dépourvus d'authentification. La réponse n'est pas le remplacement mais le cloisonnement : on segmente le réseau, on contrôle strictement ce qui peut atteindre l'équipement et on encadre la télémaintenance.
Nos sous-traitants ont besoin d'accéder à nos plans, comment faire ?
Par des espaces d'échange dédiés et chiffrés, distincts pour chaque partenaire, avec des accès limités dans le temps et révoqués automatiquement en fin de mission. Chaque consultation et chaque téléchargement sont journalisés. Vous conservez la capacité de démontrer précisément ce qui a été transmis, à qui et quand — élément décisif en cas de litige.
Pourquoi migrer vers le post-quantique dès maintenant ?
Parce que la durée de valeur de vos actifs dépasse l'horizon de la rupture cryptographique. Un plan échangé aujourd'hui avec un bureau d'études conserve sa valeur quinze ans ; un procédé, davantage encore. Un attaquant peut capter ces échanges maintenant et les déchiffrer plus tard. Migrer ultérieurement protégera vos échanges futurs, pas ceux de cette année, qui seront déjà stockés ailleurs.
Nos donneurs d'ordre nous imposent un questionnaire sécurité, pouvez-vous aider ?
Oui, c'est un livrable explicite de la formule Industrie Protégée. Nous constituons un dossier donneurs d'ordre réunissant description de l'architecture, mesures de protection, traçabilité, registre des sous-traitants et procédure d'incident. Préparé une fois, il se réutilise sur chaque appel d'offres et chaque audit fournisseur.
Comment démarrer ?
Par un audit PI de trois à cinq semaines : inventaire de vos actifs immatériels qualifiés par durée de valeur, cartographie des accès et des flux sortants, évaluation de votre position au regard des mesures raisonnables exigées par le secret des affaires, et plan d'action chiffré. Aucun engagement sur la suite.